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Pour le respect des architectes et du quartier Caserne à Mons

Par Matador, société d'architectes sprl / Contre Monsieur le Fonctionnaire Délégué de l'Administration de l'urbanisme de la Province de Hainaut 1

Lauréat d'un concours public en 2006, l'Atelier Matador a construit un quartier de plus de 120 logements à l'écriture architecturale radicale dans le centre historique de la Ville de Mons en Belgique.

A peine livré à la fin de l'année 2014, ce projet a fait l'objet de ce qui est interprété comme du "vandalisme institutionnel" commis par un haut fonctionnaire de la Région Wallonne. Les architectes ont été écartés et dépossédés de leur travail. Des dégradations manifestes ont été effectuées de force aux édifices.

Après deux ans et demi de tentatives de négociations et de vains combats, ils lancent aujourd'hui une action en justice afin de faire valoir leurs droits d'auteurs et le droit moral à l'intégrité de l'oeuvre.

Les contributions sont fermées pour cette cause.

UN CONCOURS GAGNÉ A l'UNANIMITE

En 2006, la ville de Mons a lancé un concours pour l'urbanisation d'un site dans le plus gros îlot de son intra-muros historique. Il s'agit de lancer une vaste opération PPP (partenariat public-privé) de réhabilitation urbaine.


Alors que la concurrence est dure, l'atelier Matador, associé en phase concours avec le bureau Robbrecht & Daems, l'emporte à l'unanimité, en partenariat avec le promoteur anversois Himmos.


L'objet du marché est la construction d'un quartier comprenant essentiellement de logements, avec quelques services, de l'horeca, des parkings couverts et à ciel ouvert, ainsi que des espaces publics piétonniers.


L'enjeu est colossal puisqu'il s'agit de revaloriser une partie délaissée de la ville et de constituer ce qui sera ensuite appelé "le KM culturel" dans le cadre de "Mons, Capitale Européenne de la Culture 2015".


UNE COLLABORATION DE TOUS LES INSTANTS


La collaboration entre la municipalité, la région wallonne et le promoteur par le biais des équipes d'auteurs de projet et des services compétents est effective et constructive dès le démarrage du projet. Pour des raisons règlementaires, le fonctionnaire local de la région wallonne n'est pas associé à ce travail collaboratif puisque la procédure oblige le traitement du dossier et le suivi de celui-ci par sa direction régionale.


L'évolution du projet fait l'objet de nombreux échanges lors de réunions de travail récurrentes.


Dans ce cadre, le parti qui consiste à ériger des édifices monoblocs et monochromes dans une couleur brune est partagé et avalisé. Il s'agit en effet d'harmoniser un quartier, fragmenté, disparate, très hétérogène dans les écritures architecturales, dans les matières et les couleurs. L'objectif est de "couturer", de rassembler, de calmer le jeu.


DES CHOIX IN SITU


Dès le démarrage du chantier, les choix de matières et de couleurs se fait sur base d'échantillons grandeur nature, mis en oeuvre provisoirement afin d'en évaluer les pertinences sous les effets de la lumière, de la pluie, dans les relations au contexte des autres matières déjà existantes etc.... Ce choix se fait toujours en collaboration avec les acteurs compétents. Il est acté définitivement dans un PV de chantier. Et donc mis en oeuvre.


LE GRAIN DE SABLE DANS CE BEAU ROUAGE


Alors que le chantier est en cours et bien avancé (la maçonnerie de parement est terminée dans la première phase d'exécution concernant la moitié du projet), le promoteur décide de revoir la seconde phase et de proposer des appartements plus petits pour accélérer les ventes. Un nouveau permis doit être introduit. Le fonctionnaire local devient alors l'interlocuteur au même titre que la municipalité. Les règles de cette belle collaboration change en même temps que les partenaires, le partenariat se transforme en guérilla.


UN ACTE ISOLE, VIOLENT ET TEMERAIRE


Le 4 mars 2013, le chantier du projet de logements "Caserne" à Mons est arrêté par le Fonctionnaire Délégué de la Région Wallonne, Monsieur Patrick Roussille.


Mise à la cause: la brique et sa couleur, prétendue noire par le dit fonctionnaire et donc non règlementaire, décrétée brune par les auteurs de projet, les deux analyses colorimétriques d'instituts scientifiques et le fabricant.


Un acte isolé, sans prise de contacts avec les autres niveaux de pouvoir ou négociations préalables, qui auraient permis aux architectes de prouver leur bonne foi et le caractère règlementaire de la brique, à la ville d’attester que cette dernière a été validée comme conforme. La procédure est irrémédiablement entamée, la machine judiciaire en marche.


Menaces, arbitraire, écartement de toute preuve objective n'allant pas dans le sens de son avis: le fonctionnaire déroge aux règles les plus élémentaires de sa fonction.


Il s'en suit un premier accord entre la Région Wallonne, la Ville de Mons et le promoteur, mis à genoux par les menaces omnipotentes du fonctionnaire. Cet accord est entériné par le tribunal de 1ère Instance du Hainaut le 13 octobre 2013. Il oblige à des modifications significatives de l'expression du bâtiment sous peine d'astreintes astronomiques.


KAFKAÏEN


Etonnamment, dans le même temps, le juge reconnaît la conformité de la brique, objet du litige!
Sur cette base, Himmos, le promoteur, se questionne sur l'effectivité de la mise en place des modifications majeures imposées par l'accord, estimant que le litige étant éteint, l'accord n'a plus de sens.

Mais la logique intellectuelle n'est pas la logique juridique. Les astreintes courent. Mais des contacts sont pris au plus haut niveau.
Le Ministre de l'époque donne injonction à son agent de revenir sur l'accord et d'éteindre les poursuites. Le Fonctionnaire ne donne pas suite.


OBSTINATION ET COUVERTURE POLITIQUE


Une autre législature politique commence. Un autre ministre prend les commandes, proche géographiquement et politiquement du fonctionnaire délégué.


Les menaces sur le promoteur se font plus pressantes.


Un deuxième accord est conclu en mars 2015. Il passe au tribunal de 1ère Instance du Hainaut le 24 juin 2015.


Mais il entérine de nouvelles altérations majeures aux édifices.


Il oblige en effet la mise en peinture blanche d'une partie d'un des bâtiments et l'apposition de bandeaux décoratifs sur la façade d'un autre à réaliser dans les 60 jours ouvrables à dater du jugement.


Une fois de plus, les architectes sont totalement écartés des négociations, au mépris de leurs prérogatives professionnelles et du respect de la propriété intellectuelle.


VANDALISME INSTITUTIONNEL


Entre juillet et septembre 2015, les opérations d'altérations sont exécutées et à présent terminées.


Les architectes ont clamé leur profonde indignation contre cette acte téméraire et violent de destruction d'un travail mené durant 9 années.
Ils ont dénoncé les pratiques qui y ont conduit, les identifiant comme des dérives dangereuses pour la démocratie.


En territoire de "Culture" (Mons était en effet Capitale Culturelle Européenne), ils s'interrogent sur les motivations qui rendent légitimes une attitude méprisante vis-à-vis d'une discipline, d'une profession et plus particulièrement d'un engagement de plus de 25 ans au service de la reconnaissance d'une architecture d'auteur.


IRONIE DU SORT


Le 23 septembre 2015, un jury international réuni par l'Union Wallonne des Architectes a attribué le Prix d'Architecture Wallonne, catégorie logements collectifs, ainsi que le Prix "Reconstruire sur la ville" au projet "Caserne" à Mons.
Cette double reconnaissance du monde de l'architecture ne manqua pas de donner un crédit supplémentaire au combat et de réhabiliter un projet tant décrié.


FIN DE NON RECEVOIR


Maintes fois, le politique a été interpelé par courrier, par voie de presse, par une pétition contresignées par plus de 2.290 adhérents et enfin par une manifestation silencieuse qui a rassemblé plus de 400 personnes. Ces engagements divers n'ont eu aucun résultat, pas plus par ailleurs que les interpellations parlementaires et municipales.


 

Icon actionL'action en justice

Aujourd'hui, l'appareil politique et l’administration ne nous donnent pas d’autre choix que de former tierce opposition aux jugements d’accord des 9 octobre 2013 et 26 juin 2015 auxquels nous n’étions pas partie.


L’enjeu est de faire valoir les droits d’auteurs des architectes sur l’oeuvre qui a été dénaturée et plus particulièrement le droit moral à l’intégrité de l’oeuvre.


L’action vise par ailleurs à restaurer la réputation entachée du bureau Matador et, plus fondamentalement encore, la crédibilité et la respectabilité d’une profession toute entière ainsi que le bon fonctionnement de l’état de droit

Ce contentieux soulève par ailleurs de nombreuses questions aux encablures de :

- la défense des droits d'auteur

- la défense du droit moral à l'intégrité de l'oeuvre

- la défense de la respectabilité de la profession d'architecte

- notre combat contre les décisions arbitraires

- la vigilance quant au bon fonctionnement de l'Etat de droit

Icon mediaPresse et médias

  • Manifestation silencieuse devant "I love Mons"

    La Province
    28/09/2015

    Article paru dans le journal "La Province"

    Lire l'article
  • La honte de Mons

    A+ Architecture in Belgium
    18/09/2015

    Editorial paru dans la revue d'architecture "A+"

    Lire l'article
  • L'immeuble "Caserne" altéré

    Le Soir
    13/07/2015

    Article paru dans le journal "Le Soir"

    Lire l'article

ATELIER MATADOR

Cause: Pour le respect des architectes et du quartier Caserne à Mons

Posté le : 15/01/2016

profil du causeur

Une architecture d’auteur se définit par son engagement politique, sa position critique, sa vocation culturelle, le dépassement de sa stricte contingence programmatique, son soucis du contexte, sa vertu qualitative, tant du point de vue spatiale que formelle et d’usage, son attachement à l’humain. Elle réfère à une pratique envisagée comme une vocation, au-delà de sa dimension strictement professionnelle.

L’atelier Matador est une agence d’architecture implantée à Bruxelles et à Mons. Il milite pour une architecture d'auteur telle que définie en introduction.

Son énergie se déploie dans la participation aux concours, appels d'offres publics et réalisation de projets d'échelles diverses allant de la maison particulière aux ensembles collectifs d'importance en passant par des édifices publics à vocation culturelle ou administrative. Elle traverse des pratiques telles que l’architecture, l’architecture d’intérieur, le mobilier, l’espace public, la scénographie muséale, la scénographie de théâtre.

L’atelier monte, contribue ou participe à de nombreuses expositions de sensibilisation à l'architecture contemporaine.
Bien qu'ayant écrit plusieurs essais, l'atelier Matador n'a pas vocation à théoriser, considérant que les idées ne sont pas des préalables au projet mais que, tout aucontraire, c'est la mise en projet qui produit les idées.

S’il l’atelier devait mettre une certitude en avant, c’est dans l’absence d’une représentation préphilosophique de ce qui est juste qu’il irait la puiser, dans le rejet d’une représentation théorique préalable, abstraite, dont l’architecture serait une démonstration, une incarnation permanente et récurrente

procédure

au 17 octobre 2017
  • 6 octobre 2015

    Lettre du Ministre Di Antonio: invitation à entamer une procédure judiciaire comme réponse aux demandes de négociation

  • 26 septembre 2015

    Manifestation silencieuse

  • 10 juillet 2015

    Démarrage de l'exécution de l'accord sur les édifices

  • 24 juin 2015

    Deuxième jugement du Tribunal de première instance du Hainaut qui entérine le second accord entre la Région wallonne, la Ville de Mons et le promoteur

  • 9 octobre 2013

    Jugement du Tribunal de première instance du Hainaut qui entérine l'accord entre la Région wallonne, la Ville de Mons et le promoteur

  • 4 mars 2013

    Arrêt de chantier sans sommation